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4Droit et assurance

Covoiturage et impôts : déduction des frais et indemnité exonérée

Par Lucas · mis à jour le 26 oct. 2026 · 5 min

La déduction fiscale du covoiturage passe en Belgique par deux portes : l’exonération de l’indemnité versée par l’employeur, plafonnée à 500 € pour les revenus 2026, et la déduction des frais réels à 0,15 € par kilomètre. Les deux ne se cumulent pas. Quand l’entreprise organise elle-même le covoiturage, l’exonération grimpe jusqu’au prix d’un abonnement de train en première classe.

Forfait ou frais réels : le choix qui décide de tout

Tout salarié bénéficie d’office d’un forfait de frais professionnels : 30 % des revenus professionnels, avec un maximum de 6 070 € pour les revenus 2026. Ce forfait est censé couvrir l’ensemble des frais du travail, déplacements compris. Celui qui estime dépenser davantage peut déclarer ses frais réels, mais il doit alors en apporter la preuve, et il perd l’exonération de l’indemnité de déplacement.

Pour une navette classique, le forfait gagne presque toujours. Un Namur–Bruxelles quotidien représente 130 km aller-retour ; sur 200 jours, au tarif de 0,15 € par kilomètre, cela fait 3 900 € de frais de déplacement, encore loin des 6 070 € du forfait pour un salaire moyen.

Le maximum du forfait est atteint dès 20 233,33 € de revenus imposables, soit à peu près n’importe quel temps plein. Je reste donc au forfait sur ma ligne, et le calcul ne bascule pas davantage pour un Liège–Bruxelles quotidien : 190 km aller-retour sur 200 jours donnent 5 700 €, toujours sous le plafond.

Option Indemnité de l’employeur Déplacements Pour qui
Forfait légal Exonérée jusqu’à 500 € (voiture, conducteur ou passager) Compris dans le forfait La grande majorité des salariés
Frais réels Entièrement imposable 0,15 € par km, distance plafonnée à 100 km Très longues navettes, gros frais annexes

L’indemnité exonérée : 500 € pour les revenus 2026

Quand l’employeur rembourse une partie des trajets domicile-travail faits avec un autre moyen que les transports en commun, cette intervention échappe à l’impôt jusqu’à 500 € par an pour les revenus 2026 (exercice d’imposition 2027). Le plafond vaut pour la voiture privée, la moto, la voiture de société et le covoiturage, que l’on conduise ou que l’on soit passager. Le vélo suit un régime à part, avec une exonération au kilomètre.

Au-delà de 500 €, le surplus est imposé comme une rémunération. Une indemnité de covoiturage de 60 € par mois, par exemple, dépasse le plafond de 220 € sur l’année.

Le covoiturage organisé par l’employeur

La circulaire administrative du 25 février 2013 assimile le covoiturage à un transport collectif organisé lorsque l’entreprise s’en charge. Les conditions sont précises :

  • le véhicule transporte au moins deux personnes ;
  • l’employeur organise le covoiturage et en contrôle l’usage ;
  • un règlement de covoiturage fixe au minimum les conditions de participation, les règles de contrôle et les règles d’entrée et de sortie.

Dans ce cas, l’indemnité est exonérée jusqu’au prix d’un abonnement de train en première classe pour la même distance, au tarif mensuel en vigueur au 1er février. Le nombre d’abonnements se calcule en divisant les jours d’utilisation par vingt. Une plateforme d’entreprise qui forme les équipages et enregistre les trajets fournit souvent la preuve de l’organisation. Le détour du conducteur pour aller chercher ses passagers est alors traité comme un déplacement de service : son défraiement n’est en principe pas imposable.

Frais réels : 0,15 € par kilomètre, conducteur ou passager

En frais réels, les trajets domicile-travail en covoiturage se déduisent à 0,15 € par kilomètre parcouru, que l’on conduise ou que l’on soit passager, sans que la distance entre domicile et lieu de travail prise en compte dépasse 100 km. Le passager peut aussi déduire la contribution qu’il verse réellement au conducteur, à prouver par virements, s’il préfère ce mode de calcul.

La hausse du prix du carburant ne modifie pas ce taux, fixé par la loi et non indexé. Il vaut donc la peine de refaire le calcul uniquement si la navette est très longue ou si d’autres frais professionnels importants s’additionnent.

Voiture de société et covoiturage

Quand le conducteur roule en voiture de société et que l’employeur ne verse aucune indemnité de déplacement, la circulaire de 2013 prévoit un régime spécifique :

  • covoiturage organisé par l’employeur : la mise à disposition de la voiture est considérée comme un avantage social exonéré, à condition que le covoiturage représente au moins 80 % du trajet qui relie la maison au lieu de travail et que la voiture ne serve pas aux déplacements privés proprement dits ;
  • covoiturage non organisé : la voiture reste un avantage de toute nature imposable pour le conducteur ;
  • passagers : le trajet dans la voiture de société d’un collègue n’est pas un revenu imposable pour eux, organisé ou non.

Le budget mobilité obéit à ses propres règles et ne se combine pas avec ce régime de la même façon.

2026 : le crédit d’impôt temporaire de l’été

Face à la flambée des carburants, la loi du 30 mai 2026 portant diverses mesures énergétiques a créé un crédit d’impôt pour les employeurs qui ont relevé leur intervention dans les trajets domicile-travail en véhicule motorisé. Il porte sur les déplacements effectués du 1er mai au 31 juillet 2026, avec une augmentation payée au plus tard le 31 octobre 2026. La circulaire 2026/C/77 du SPF Finances confirme que le covoiturage domicile-travail est visé, pour le conducteur comme pour le passager.

Le crédit égale l’augmentation, limitée au plus petit de deux montants : 20 % de l’indemnité kilométrique d’avril 2026 ou 0,10 € par kilomètre. Côté travailleur, la hausse est exonérée à hauteur de ce crédit ; le reste entre dans les plafonds habituels, 500 € ou le prix de l’abonnement de train si le covoiturage est organisé, et seulement pour celui qui garde le forfait. La fiche 281.10 de 2026 porte une mention supplémentaire pour ce montant.

Questions de covoitureurs

Peut-on déduire le covoiturage de ses impôts en Belgique ?

Oui, en frais réels, à 0,15 € par kilomètre pour le conducteur comme pour le passager. Ce choix fait perdre le forfait de frais professionnels et l'exonération de l'indemnité de l'employeur, il ne vaut donc que pour de très longues navettes.

Quel montant d'indemnité de déplacement est exonéré en 2026 ?

Pour la voiture et le covoiturage, 500 € par an sur les revenus 2026, à condition de garder le forfait. Si l'employeur organise le covoiturage, le plafond monte au prix d'un abonnement de train en première classe pour la même distance.

Le passager d'un covoiturage peut-il déduire ses frais ?

Oui, au même titre que le conducteur : 0,15 € par kilomètre en frais réels, ou sa contribution réellement payée s'il peut la prouver. Il bénéficie aussi de l'exonération de 500 € s'il reste au forfait.

Le covoiturage en voiture de société est-il taxé ?

Pour les passagers, non. Pour le conducteur, la voiture devient un avantage exonéré si l'employeur organise le covoiturage et que celui-ci couvre au moins 80 % du trajet, sans usage privé ; sinon, l'avantage de toute nature reste imposable.

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