Indemnité de covoiturage : montants et conditions
L’indemnité de covoiturage n’a pas de montant légal en Belgique : elle découle de la convention de votre commission paritaire, d’un accord d’entreprise ou de votre contrat. Conducteur ou passager, le covoitureur est traité comme un utilisateur de transport privé, et c’est la règle prévue pour la voiture qui s’applique. Côté impôt, elle est exonérée jusqu’à 500 € pour les revenus 2026, davantage si l’entreprise organise elle-même les équipages.
Pas de minimum interprofessionnel pour la voiture
La convention collective 19/9 du Conseil national du travail, complétée par les CCT 19/10 et 19/11, fixe l’intervention minimale de l’employeur pour le train et les autres transports en commun. Depuis le 1er juin 2024, elle représente 71,8 % du prix de l’abonnement de train, avec une indexation encadrée jusqu’en 2029. Pour la voiture, la moto ou le covoiturage, ces conventions ne prévoient rien.
Le covoiturage monté entre collègues, sans intervention de l’entreprise, est assimilé à un simple transport privé. Si votre secteur rembourse la voiture privée, vous y avez droit en tant que passager comme en tant que conducteur, selon les conditions de la convention. Si votre secteur ne prévoit rien, tout se négocie dans l’entreprise.
Les formules sectorielles les plus courantes
Les commissions paritaires qui indemnisent la voiture privée utilisent en général l’une de ces trois bases :
| Formule | Principe | Effet pour un covoitureur |
|---|---|---|
| Pourcentage de l’abonnement de train | Une fraction du prix de la carte train mensuelle pour la même distance | Suit les hausses tarifaires du rail chaque 1er février |
| Barème forfaitaire par tranche de distance | Un montant fixe par mois selon les kilomètres | Simple, peu lié au coût réel |
| Indemnité kilométrique | Un montant par kilomètre réellement parcouru | Proportionnelle aux jours de présence |
Exemple bien connu : la commission paritaire 200, celle des employés, prévoit pour le transport privé une intervention calculée sur le prix de la carte train mensuelle, pour un trajet d’au moins 3 km, réservée aux employés dont la rémunération annuelle ne dépasse pas un plafond, fixé à 36 688 € à partir du 1er janvier 2026. Le même secteur rembourse le train à 100 % depuis cette date ; la comparaison entre les deux modes mérite donc d’être faite au moment de former un équipage.
Combien est exonéré en 2026
Le fisc ne regarde pas la convention, il regarde le montant et le mode de calcul de vos frais. Pour les revenus 2026, l’indemnité versée pour un trajet en voiture, comme conducteur ou comme passager, n’est pas imposée jusqu’à 500 € sur l’année, à condition de rester au forfait de frais professionnels. Rapporté au mois, cela fait un peu moins de 42 €.
Ce plafond se dépasse vite. Un passager Namur–Bruxelles qui reçoit 0,10 € du kilomètre, pour 130 km quotidiens pendant 200 jours de présence, touche 2 600 € : 2 100 € sont imposés comme du salaire. Si l’employeur organise le covoiturage avec un règlement écrit, la limite devient ce que coûte en première classe un abonnement ferroviaire pour ce trajet, calculé sur le tarif du 1er février et sur les jours d’utilisation divisés par vingt. Une plateforme d’entreprise qui enregistre les trajets aide à prouver cette organisation.
Celui qui choisit les frais réels perd l’exonération : toute l’indemnité devient imposable, et il déduit à la place 0,15 € par kilomètre.
Le vélo, un régime à part
Le vélo ne passe pas par le plafond de 500 €. La CCT 164 garantit depuis mai 2023 un minimum de 0,30 € du kilomètre cette année, à défaut de règle propre au secteur ou à l’entreprise. Fiscalement, l’indemnité vélo est exonérée jusqu’à 0,37 € par kilomètre et 3 700 € par an pour les revenus 2026. Un covoitureur qui roule à vélo certains jours relève des deux régimes, chacun pour les jours concernés ; l’employeur doit alors tenir un relevé clair des trajets.
Le crédit d’impôt de l’été 2026
La flambée du prix du carburant a conduit le législateur à créer un incitant ponctuel par la loi du 30 mai 2026. Les employeurs qui ont relevé l’indemnité des trajets en véhicule motorisé, voiture électrique et hybride comprises, pour les déplacements de mai à juillet 2026, reçoivent un crédit d’impôt. La circulaire 2026/C/77 cite expressément le covoiturage domicile-travail, côté conducteur comme côté passager.
Les exemples de la circulaire montrent le mécanisme :
- une indemnité de 0,20 € par kilomètre portée à 0,25 € donne un crédit de 0,04 € par kilomètre, plafonné à 20 % du montant de départ ;
- une indemnité créée à 0,10 € par kilomètre, là où il n’y avait rien, donne 0,02 € par kilomètre ;
- une indemnité créée à 0,40 € par kilomètre donne 0,08 €, sous le plafond de 0,10 €.
Pour le travailleur, la part de la hausse égale au crédit est exonérée ; le reste rejoint les plafonds habituels. Dans l’exemple officiel d’un aller de 20 km sur 52 jours, une hausse de 0,05 € par kilomètre rapporte 104 € : 83,20 € sont exonérés par le régime temporaire, et les 20,80 € restants entrent dans l’enveloppe de 500 €.
Demander une indemnité à son employeur
Dans une entreprise sans règle pour la voiture, une demande bien préparée a ses chances, surtout si elle vient d’un équipage entier. Les arguments qui portent :
- le coût reste maîtrisé, puisque seuls les jours roulés sont indemnisés ;
- jusqu’à 500 € par an et par travailleur, l’indemnité ne génère pas d’impôt chez le salarié ;
- un équipage de quatre libère trois places de parking chaque jour de bureau ;
- un règlement de covoiturage ouvre le régime du transport organisé, plus favorable encore.
Je recommande de joindre à la demande la liste des membres de l’équipage, l’itinéraire et un calendrier type. Une proposition chiffrée se discute ; une demande vague finit dans un tiroir.
Questions de covoitureurs
Quel est le montant de l'indemnité de covoiturage ?
Il n'existe pas de montant légal général. Il dépend de la convention de votre commission paritaire, d'un accord d'entreprise ou de votre contrat : pourcentage de l'abonnement de train, barème forfaitaire ou montant au kilomètre.
Le passager d'un covoiturage a-t-il droit à une indemnité ?
Oui, dans les mêmes conditions que le transport privé prévu par son secteur ou son entreprise. Le covoiturage monté entre collègues est assimilé à un trajet en voiture privée, qu'on conduise ou non.
L'indemnité de covoiturage est-elle imposable ?
Elle est exonérée jusqu'à 500 € pour les revenus 2026 si vous gardez le forfait de frais professionnels. Le surplus est imposé, sauf si l'employeur organise le covoiturage : la limite rejoint alors le tarif ferroviaire de première classe.
Comment obtenir une indemnité de covoiturage de son employeur ?
Lisez la convention de votre commission paritaire. Si elle ne prévoit rien, présentez une demande chiffrée, idéalement au nom de tout l'équipage, avec les trajets, les jours roulés et l'effet fiscal.
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